Vos droits

Discrimination et droits

Les discriminations fondées sur le handicap sont nombreuses : dans les domaines de l’éducation, du logement, des transports et de la vie culturelle, les lieux et services sont encore largement inaccessibles aux personnes souffrant de handicap. Les obstacles sont multiples, parfois physiques (bâtiments inaccessibles aux chaises roulantes, par exemple), parfois institutionnel (manque de personnel qualifié, par exemple des interprètes en langue des signes), ou encore simplement liés à l’intolérance.

Même dans les pays développés, on remarque qu’une certaine discrimination touche les enfants souffrant de handicap : ils sont le plus souvent séparés des autres enfants, placés dans des institutions spécialisées loin de leurs familles, dans des classes spéciales, etc. Leur chance de s’intégrer à la société, de trouver un emploi plus tard, sont mauvaises.

Les droits des enfants handicapés

Les enfants handicapés sont des enfants comme les autres: dans l’esprit de la Convention des droits de l’enfant (CIDE), ils sont sujets de droits au même titre que n’importe quel enfant.

Outre le droit à la non-discrimination mentionné plus haut, il faut souligner que les enfants en situation de handicap bénéficient de tous les droits garantis par la Convention, et notamment des droits suivants :

Le droit aux soins

Le deuxième paragraphe de l’art. 23 CIDE, consacré à la situation des enfants souffrant de handicap, garantit leur droit de bénéficier de soins spéciaux et de demander l’octroi d’une aide étatique, adaptée à l’état de l’enfant et à la situation de ses parents ou de ceux à qui il est confié.

L’accès aux soins pour les enfants en situation de handicap est une évidence, mais en pratique, nombre de ces enfants sont entièrement privés de suivi médical. Leurs chances de guérir ou, du moins, de vivre en souffrant moins du handicap, sont ainsi souvent réduites à néant.

Le droit à l’éducation

Faute d’infrastructures, de moyens, de connaissances, mais surtout de volonté, la plupart des enfants en situation de handicap ne bénéficient pas d’une éducation, même basique. Dans le monde, seuls environ 2% des enfants handicapés sont scolarisés. C’est une violation grave de la CIDE, qui garantit à tout enfant le droit d’aller à l’école (art. 28).

Le droit aux loisirs

Parfois, concentrés sur les soins à prodiguer, l’entourage des enfants souffrant de handicap oublient que ceux-ci sont avant tout des enfants, qui ont envie et besoin de s’amuser, de jouer, de s’exprimer artistiquement, de pratiquer un sport, etc. Pourtant, le droit aux loisirs est un droit inscrit dans la Convention des droits de l’enfant (art. 31 CIDE) et s’applique évidemment aussi aux enfants différents.

Le droit de participation

C’est l’un des droits les plus primordiaux de l’enfant en situation de handicap, mais hélas le plus souvent ignoré : comme n’importe quel enfant, l’enfant handicapé doit pouvoir s’exprimer sur les questions qui le concernent, conformément à l’art. 12 de la CIDE.

Son droit de participation s’étend également à tous les aspects de la vie sociale, à propos desquels l’enfant, handicapé ou non, doit avoir la possibilité de dire son opinion, de s’associer, de s’informer et de participer. Pourtant, à cause de leur handicap, on considère souvent que ces enfants ne sont pas capables d’exprimer un avis cohérent, et la décision est prise sans les consulter.

Les enfants souffrant de handicap, de par leur vulnérabilité, sont particulièrement sensibles au fait de pouvoir donner leur avis, même si cela pose souvent des problèmes concrètement (difficulté de communication, raisonnement plus lent, incompréhension, …). Il est donc urgent de commencer à associer les enfants handicapés aux processus de décisions qui les touchent et d’abolir les obstacles qui les empêchent de participer à la vie sociale.