LES TROUBLES COGNITIFS

Les troubles cognitifs sont parmi les handicaps invisibles, les plus mal connus.

Mais au fait, les fonctions cognitives, qu’est-ce que c’est ? Et à quoi servent-elles ?

Les fonctions cognitives correspondent à l’ensemble des habiletés gérées par le cerveau (perception, attention, mémoire, langage, gestuelle…).

Lorsque qu’une ou plusieurs de ces fonctions manque d’efficacité, on parle de troubles cognitifs.

A quoi servent les fonctions cognitives ?

  • Lire
  • Ecrire
  • Parler
  • Compter
  • Raisonner
  • Anticiper
  • Conduire
  • Décider
  • Etc…

On les retrouve dans toutes les stratégies que le cerveau doit développer ou mettre en place en permanence pour l’apprentissage, la recherche d’informations, la mise en place d’actions, l’accomplissement d’actes simples : déchiffrer un texte, payer le pain, planifier une semaine de vacances, planter un clou, définir un trajet, etc…

Bref elles sont partout, et sans nous en rendre compte, nous les utilisons à chaque instant.

La défaillance de ces fonctions s’accompagne de difficultés cognitives plus ou moins graves :

  • « je ne retrouve plus mes clés »
  • « j’ai été distrait ! »
  • « je suis trop fatigué, je n’arrive plus à me concentrer »
  • « qu’est-ce que tu viens de me dire ? »
  • « il faut que je m’achète un planning ! »…

Pour y remédier, notre cerveau met en place automatiquement des stratégies pour contourner la difficulté. Il s’organise et se réorganise en fonction de nos expériences. Devant de nouveaux renseignements, il forge des souvenirs. Ces changements se renforcent grâce à la répétition. Ainsi, l’apprentissage et l’entraînement permettent d’inscrire dans notre cerveau de nouveaux renseignements, réseaux complexes de connaissances et souvenirs. Parfois, ces mécanismes sont défaillants.

On parle de handicap cognitif si les difficultés observées n’ont pu être contournées par le cerveau, et entraînent un désavantage social :

  • troubles de la mémoire
  • troubles de l’attention
  • troubles des fonctions exécutives
  • troubles du langage
  • troubles des praxies…

Pour les personnes atteintes de troubles cognitifs, la limitation de ces activités entraîne généralement une exclusion sociale et, par conséquent, une diminution du bien-être moral.           
Les origines de ces dysfonctionnements sont diverses.

Chez les enfants, il existe trois grandes familles de troubles cognitifs ; leurs causes et conséquences sont totalement indépendantes.

  • Les troubles cognitifs globaux : ce sont des déficiences intellectuelles globales qui touchent tous les apprentissages
  • Les troubles cognitifs spécifiques acquis : surviennent suite à un choc brutal (traumatisme crânien, accident vasculaire, tumeur, manque prolongé d’oxygène…). Ils restent rares chez l’enfant.
  • Les troubles cognitifs spécifiques développementaux : affectent une fonction précise de la cognition. Ils sont responsables de troubles spécifiques des apprentissages chez un enfant qui par ailleurs n’a aucune déficience intellectuelle, ni aucun problème psychique ou psychiatrique, et qui bénéficie d’un environnement familial et pédagogique équilibré et sans problème. Et c’est ici que l’on trouve la famille des troubles « DYS » (Dys- est un raccourci de langage pour évoquer tout ou partie des troubles d’apprentissage dont le préfixe est « dys » – dysfonctionnement). On rattache à cette famille les enfants HPI (haut potentiel intellectuel) – ou enfants précoces-, ainsi que les enfants TDA/H (troubles d’attention avec ou sans hyperactivité).

L’association de plusieurs troubles « DYS » est fréquente et pose évidemment des problèmes importants. Dans le diagnostic en premier lieu, et dans la prise en charge par la suite.

QUELLE EST L’ORIGINE DES TROUBLES COGNITIFS ?

Les troubles cognitifs apparaissent au cours du développement de l’enfant, avant ou lors des premiers apprentissages, et persistent à l’âge adulte. On ne connaît pas vraiment leur origine. Des études génétiques et d’imagerie cérébrale sont toujours en cours. L’existence d’une susceptibilité génétique a été démontrée et, à ce jour, quelques gènes de prédisposition ont été identifiés, qui seraient impliqués dans la migration neuronale. On soupçonne également que des désordres neuronaux dans certaines régions du cerveau (ou encore un déficit de connexion entre des zones plus ou moins éloignées du cerveau), pourraient expliquer différents troubles des apprentissages.

Ces troubles ont des répercussions sur la vie scolaire, professionnelle et sociale, et peuvent provoquer un déséquilibre psycho-affectif. Leur repérage, leur dépistage et leur diagnostic sont déterminants.

Certains de ces troubles affectent les apprentissages précoces : langage, geste…
D’autres affectent plus spécifiquement les apprentissages scolaires comme le langage écrit, le calcul. Ils sont le plus souvent appelés troubles spécifiques des apprentissages.

Ces troubles sont innés, mais certains enfants victimes d’un traumatisme crânien ou opérés et soignés pour une tumeur cérébrale peuvent également présenter des troubles cognitifs spécifiques gênant la poursuite de leurs apprentissages.

PROPORTION DANS LA POPULATION

Les chiffres varient selon les études, selon les pays et selon les époques. En fonction de la nature des troubles que l’on inclut dans l’étude, et selon le degré de sévérité pris en compte, les chiffres peuvent varier de 1 à 10%.     
En France on parle de 6 à 8% de personnes souffrant de troubles DYS.

Cependant, il n’existe aucune étude fiable chiffrée sur la population des troubles DYS en France.

LES DIFFERENTS TROUBLES COGNITIFS

1/Le trouble spécifique des apprentissages avec déficit en lecture (dyslexie)

L’enfant est confronté à des difficultés sévères, durables, et persistantes dans l’acquisition de la lecture, alors même qu’il dispose de capacités intellectuelles normales et ne souffre pas de troubles sensoriels.

  • une mauvaise association entre graphèmes (signes écrits) et phonèmes (sons)
  • une incapacité à saisir rapidement un mot dans sa globalité.

L’enfant déchiffre lentement et fait des erreurs. Ce trouble est très souvent associé à une difficulté à maitriser l’orthographe (trouble spécifique des apprentissages avec déficit de l’expression écrite). 

Ces dysfonctionnements sont souvent liés :

  • à un mauvais développement phonologique en amont de l’apprentissage de la lecture : difficultés à discriminer les sons proches, faible conscience phonologique (capacité à percevoir, découper et manipuler les unités sonores du langage telles que la syllabe ou le phonème)
  • et/ou à des problèmes dans le traitement orthographique (confusions et inversion de lettres, mauvais codage de la position des lettres).

Des problèmes visuo-attentionnels peuvent être associés.         

2/ Le trouble développemental de la coordination (dyspraxie)

Les enfants atteints de dyspraxie ont des difficultés motrices, notamment pour planifier, programmer et coordonner des gestes complexes.

Ils ne peuvent pas automatiser un certain nombre de gestes volontaires, comme l’écriture (ce qui entraîne une dysgraphie).

Ils ont énormément de mal à contrôler le dessin de chaque lettre, ce qui consomme une grande partie de leur attention et les empêche de prêter attention aux autres aspects des mots (orthographe, sens…). 

Ce trouble est souvent associé à des anomalies de repérage et d’organisation spatiale et à des difficultés de motricité des yeux qui perturbent l’appréhension de l’environnement par l’enfant.

3 / Le trouble spécifique des apprentissages avec déficit du calcul (dyscalculie)

L’enfant atteint de dyscalculie a des difficultés dans l’acquisition des habiletés nécessaires dans les mathématiques et les structures logiques, base de construction des habiletés arithmétiques ultérieures. Il peut aussi rencontrer des difficultés de mémorisation et d’apprentissage des tables d’addition et de multiplication. 

La dyscalculie concerne la construction du nombre et des opérations, mais aussi la structuration du raisonnement, l’utilisation d’outils de logique et de mathématiques.

L’enfant dispose pour autant de capacités intellectuelles normales et ne souffre pas de troubles sensoriels.

4/ Le trouble du langage oral (dysphasie)

Les enfants peuvent présenter un trouble de l’expression du langage qui peut concerner la phonologie (des difficultés de prononciation, avec des paroles indistinctes et des mots déformés), le vocabulaire ou la syntaxe (difficultés à composer des phrases), parfois associé à un trouble de la compréhension (vocabulaire et/ou syntaxe). La dysphasie ne résulte pas d’une déficience intellectuelle, ni d’une déficience sensorielle, ni même d’un désordre psychologique.

Elle est souvent accompagnée de dyslexie ou de dysorthographie. C’est un réel trouble qui perdure avec l’âge, à ne pas confondre avec un simple retard de langage.

Un dépistage et une prise en charge précoce sont recommandés dès la maternelle, avant 5 ans et si possible dès 3 ans, afin d’améliorer le pronostic ultérieur.

5/ Les déficits de l’attention avec (TDAH) ou sans hyperactivité (TDA)

Le TDA/H est un dysfonctionnement neurologique, qui empêche l’enfant de rester concentré, de se contrôler. Ce trouble peut être accompagné d’une hyper activité permanente, qui sera présente dès la petite enfance.

Les enfants présentant des déficits de l’attention, avec ou sans hyperactivité, ont des difficultés à se concentrer et à soutenir leur attention lors d’une tâche ou d’une activité particulière, ceci en dépit de leur bonne volonté. Ce trouble conduit à de nombreuses erreurs d’inattention, à un travail inabouti, au non-respect des consignes et à une mauvaise organisation. 

Plus de 50% des enfants qui présentent des déficits de l’attention avec ou sans hyperactivité présentent d’autres troubles des apprentissages associés. En effet, l’attention a une grande influence sur de nombreuses fonctions intellectuelles : planification, mémoire de travail, orientation et contrôle des fonctions cognitives (ainsi que leur alimentation).

6/ Les troubles du spectre autistique (TSA)

Les troubles du spectre autistique correspondent à des difficultés dans la communication verbale ou non verbale, et dans les interactions sociales. Ces difficultés de communication sont souvent accompagnées de stéréotypies (ou rituels, répétitions de comportement, intérêt restreint pour certains domaines, résistance au changement, particularités sensorielles (comme les bruits trop forts, la lumière vive, le toucher…) et parfois d’écholalies (tendance spontanée à répéter systématiquement tout ou une partie des phrases, habituellement de l’interlocuteur, en guise de réponse verbale, très caractéristique de nombreux troubles psychiatriques et neurologiques)

Ces troubles ont plusieurs origines :

  • anomalies génétiques
  • infection aux métaux ou à des produits chimiques

7/ Les hauts potentiels intellectuels (HPI)

Le HPI (ou précocité intellectuelle, ou surdoué) est dû à un fonctionnement cognitif particulier. L’enfant HPI est souvent hypersensible, ou montre une affectivité envahissante.

Il traite l’information de manière plus rapide que la normale, il est plus intuitif et dispose d’une meilleure mémoire.

Il faut malgré tout être extrêmement vigilant à ne pas trop attendre ou trop demander à un enfant HPI, car bien qu’il ait un rythme de développement intellectuel plus rapide, son développement affectif, relationnel et psychomoteur est, quant à lui, identique à celui des enfants de son âge.

8/ Les troubles du développement intellectuel (ou déficience intellectuelle)

Trois critères essentiels permettent de les identifier :

  • fonctionnement intellectuel limité (langage, lecture, temps, nombres, autonomie dans les soins personnels, compréhension des règles…)
  • ressources adaptatives limitées dans les activités de la vie quotidienne
  • difficultés qui se manifestent avant l’âge de 18 ans

Ces troubles ont bien souvent des origines biomédicales, comme un syndrome d’origine génétique, une prématurité, la malnutrition, un trauma cérébral… Il faut aussi savoir que le risque de TDA/H est, pour ces enfants, 3 à 4 fois supérieurs par rapport à un enfant classique.

QUELLES SONT LES REPERCUSSIONS DANS LA VIE QUOTIDIENNE ?

  • Difficultés sociales importantes
  • Scolarité
  • Insertion et réinsertion professionnelles
  • Autonomie dans la vie quotidienne

Si nous prenons, par exemple, les apprentissages scolaires, ils sont comme tous les apprentissages, dépendants du bon fonctionnement des fonctions cognitives. Pouvoir lire c’est pouvoir déchiffrer et donner du sens, mais c’est également utiliser plusieurs capacités cognitives (perception auditive, perception visuelle, attention visuelle, concentration, attention sélective, mémoire de travail visuelle, mémoire à long terme, capacités de planification, d’inhibition, etc… )

Qu’une seule de ces fonctions soit atteinte, cela aura un impact plus ou moins retentissant sur le bon fonctionnement de ce processus très complexe.

L’exemple de la lecture peut être transposé dans l’ensemble des apprentissages.

  • Mémoire et apprentissage
  • Résolution des problèmes, organisation et planification des activités de la vie quotidienne
  • Attention et concentration
  • Lecture, langage et compréhension verbale
  • Compréhension des mathématiques
  • Compréhension et exploration visuelle
  • Adaptation comportementale

LES SIGNES QUI ALERTENT

Les enfants atteints de troubles DYS sont souvent repérés à leur entrée en maternelle (notamment dans l’utilisation du langage oral ou du geste) ou en primaire (notamment pour le langage écrit).    

Un premier état des lieux peut être réalisé conjointement par les parents, les enseignants en association avec le médecin scolaire, le psychologue scolaire, ou encore le Réseau d’Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté (RASED).      
Ces premiers signes d’alerte permettent de mettre en place des mesures de soutien pour aider l’enfant dans ses apprentissages. 

Cependant, il convient de ne pas s’inquiéter trop vite, certains enfants ayant besoin de plus de temps pour développer des aptitudes (on parle alors de retard) ; seul un diagnostic permettra de différencier un simple retard d’un trouble durable.

Si les difficultés persistent, l’enfant devra consulter des professionnels dédiés pour effectuer un premier dépistage. Ce dépistage pourra être réalisé par les médecins du centre PMI (Protection Maternelle et Infantile) et/ou les médecins scolaires ou encore le pédiatre, éventuellement par un généraliste.

Une fois ce premier bilan établi, et si un ou des troubles cognitifs sont pressentis, l’enfant devra consulter une équipe pluridisciplinaire compétente qui établira un diagnostic fiable précisC’est cette démarche qui permettra à l’enfant, si nécessaire, de bénéficier d’un soutien approprié, voire d’un PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation), et qui aidera son entourage à comprendre que ses retards ou ses difficultés scolaires ne sont pas dus à de la paresse ou à un manque de travail, et qu’au contraire l’enfant a besoin d’accompagnement et d’aide.

Un nom étant posé sur les difficultés que l’enfant rencontre, le regard de son entourage change, mais son regard à lui sur ses échecs change aussi, ce qui est très important.

DIAGNOSTIC ET ACCOMPAGNEMENT

Afin de mettre en place un accompagnement adapté, il est indispensable d’établir  un bilan cognitif, détaillé et précis. Ce bilan sera réalisé par une équipe de professionnels, et remis aux parents avec des recommandations. Le bilan spécialisé dépend du type de trouble : 

  • Pour des difficultés de langage, de lecture ou de cognition mathématique, il s’agira d’un bilan orthophonique.
  • Pour la coordination motrice, le graphisme ou les difficultés visuo-perceptives ou visuo-motrices, le bilan spécialisé sera réalisé par un(e) psychomotricien(ne) ou un(e) ergothérapeute.
  • Un bilan complémentaire cognitif ou attentionnel et des fonctions exécutives, par un(e) psychologue spécialisé en neuropsychologie peut être utile.

LES MOYENS DE COMPENSATION

L’éducation nationale et les professionnels de l’enseignement côtoient chaque jour des enfants ou adolescents présentant des troubles cognitifs.

Malheureusement, ils sont très peu sensibilisés à la détection de ces troubles et à leurs modes de compensation. Selon l’ampleur des troubles cognitifs, un accueil en établissement adapté peut s’avérer nécessaire. Cependant, dans la majorité des cas, un cursus en milieu ordinaire peut être maintenu, avec mise à disposition de moyens de compensation adaptés.

Ce sont les éléments du bilan évoqué ci-dessus qui permettront la mise en place de moyens de compensation tels que :

  • prise en charge spécialisée (ex : rééducation neuropsychologique, ergothérapeute, psychomotricien, soutien psychologique…)
  • aménagements divers (aides humaines, techniques ou matérielles) pour suivre une scolarité normale puis accéder à l’université.
  • information et formation du personnel enseignant et des AESH (Accompagnant des Elèves en Situation de Handicap)
  • logiciels d’aide à l’écriture, à la saisie de texte, dictée vocale, prédiction de mots, correcteurs (orthographe, grammaire, typologie) aide à la saisie de formules, de figures (symboles mathématiques, géométrie, cartes de géographie)
  • logiciels d’aide à la lecture
  • outils à base de pictogrammes
  • accompagnement par des médecins, psychologues, rééducateurs, enseignants, éducateurs

Il n’existe pas de technique « miracle » ; en effet, les troubles spécifiques des apprentissages sont durables. Toutefois, leur prise en charge permet d’améliorer et/ou de compenser les fonctions déficientes. Une prise en charge adaptée, en orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, orthoptie, ou par un psychologue, peut permettre à l’enfant de développer son potentiel scolaire. Un accompagnement psychologique s’avère souvent utile. 

On l’a vu, toutes les activités de la vie quotidienne sont sous-tendues par le cerveau. Lire, écrire, construire les gestes, raisonner, anticiper, interagir, sont autant de capacités qui peuvent être altérées de manière globale ou plus spécifique. Dès lors, comment être autonome dans les lieux publics ? Remplir un document administratif ? Suivre un plan de réseau de transports ? Se retrouver face à des services informatisés ?…

Compenser un trouble cognitif c’est agir à différents niveaux:

  1. Auprès de la personne directement, en métacognition (*)
  2. Auprès de son entourage, en le sensibilisant
  3. Auprès de l’environnement, en l’adaptant

(*) métacognition : dès qu’on cherche à apprendre quelque chose de nouveau, on mobilise la métacognition. C’est elle qui nous sert à identifier nos erreurs ou nos réussites, et leurs origines. Par la métacognition, on peut décider de ce qu’il convient de faire pour améliorer nos performances (relire des exemples d’exercices, se replonger dans des points de théorie, poser des questions à l’enseignant, etc).

Auprès de la personne directement, en métacognition, c’est travailler avec elle pour l’aider à comprendre son propre fonctionnement (comprendre ses points faibles, mais surtout, comprendre ses points forts, afin de savoir les mobiliser pour pallier ses troubles).

Ce travail lui permettra en plus de mettre en place des stratégies à utiliser au quotidien, ou encore, d’en parler à l’entourage (aux enseignants, à son employeur, à ses proches)

Auprès de son entourage, en le sensibilisant : en effet, la sensibilisation des proches et des différents intervenants est d’une importance capitale dans la prise en compte de la situation de la personne concernée par les troubles cognitifs. Une meilleure compréhension de la part de l’entourage pourra permettre une aide ou un soutien plus adapté, une plus grande tolérance, plus de patience. Et favorisera les progrès de l’enfant, améliorera l’image qu’il a de lui-même. En effet, il entendra souvent, avant d’être diagnostiqué, ses parents ou ses enseignants dire de lui qu’il est paresseux. Or il ne fait pas exprès ; il ne peut juste pas faire autrement.

Auprès de l’environnement, en l’adaptant. En effet, des aménagements scolaires à l’aménagement du logement, des aménagements du poste de travail à l’accessibilité dans les loisirs, il existe divers aménagements possibles permettant de pallier les troubles cognitifs.

Focus sur l’environnement scolaire : tous les troubles des apprentissages nécessitent des adaptations pédagogiques à l’école. Elles peuvent être formalisés avec le médecin de l’Education nationale, pour tenir compte des difficultés de l’enfant. Parmi les mesures pouvant être mises en place : 

  • lecture orale des consignes des exercices pour les enfants ayant des difficultés de compréhension de la lecture
  • photocopies des cours, ou possibilité d’utiliser un ordinateur, pour des enfants qui rencontrent des difficultés d’écriture
  • reformulation des consignes pour aider les enfants présentant un trouble de la compréhension du langage
  • temps supplémentaire pendant les épreuves…

POUR ALLER PLUS LOIN

La CNSA a publié deux guides, sur lesquels les équipes des MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) doivent maintenant s’appuyer pour rendre leurs conclusions :

  • Décembre 2014:   « Guide d’appui pour l’élaboration de réponses aux besoins des personnes présentant des troubles spécifiques du langage, des praxies, de l’attention et des apprentissages ».  TELECHARGER CE GUIDE !

  • Mai 2016: « Guide d’appui pour l’élaboration de réponses aux besoins des personnes présentant des troubles du spectre de l’autisme ». TELECHARGER CE GUIDE !

EN CONCLUSION, SI VOUS DEVEZ ACCOMPAGNER UNE PERSONNE SOUFFRANT DE TROUBLES COGNITIFS, VOICI QUELQUES CONSEILS UTILES :

  • Un bilan approfondi réalisé par des professionnels spécialisés permettra de donner des conseils spécifiques pour « pallier » les troubles cognitifs, mais des conseils généraux peuvent déjà être proposés :
  • L’encourager, dédramatiser ses erreurs
  • Repérer et utiliser ses points forts
  • L’aider à s’organiser
  • Décomposer les tâches en consignes simples
  • Ne lui demander qu’une seule chose à la fois
  • Lui laisser du temps
  • Créer avec elle un emploi du temps avec des pauses régulières
  • Simplifier les supports écrits pour améliorer leur lisibilité
  • Favoriser la routine : un déroulement le plus stable possible des journées
  • Faire preuve de patience et croire en lui ou en elle !

Et puis….

Face aux troubles de l’attention

  • Repérer les signes de fatigue et proposer un moment de décompression
  • Décomposer la consigne en plusieurs tâches simples
  • Limiter la durée des tâches
  • Supprimer au maximum les éléments distracteurs
  • Valoriser les bons comportements pour l’encourager (fiches d’auto-évaluation, appréciations écrites…)
  • Offrir des opportunités de bouger (s’il y a hyperactivité)
  • Favoriser les liens sociaux

Face aux troubles praxiques :

  • Accompagner ses gestes par des mots
  • Inciter la personne à décrire à l’oral les gestes, s’assurer qu’elle a bien compris en lui demandant de reformuler   
  • Privilégier l’utilisation de l’outil informatique lorsqu’il existe.

Face aux troubles de langage oral :

  • Lorsqu’on lui adresse un message : attirer son attention, s’assurer du contact visuel et éviter les sources de distraction
  • Accompagner les mots de gestes (mimer si possible)
  • Donner une consigne à la fois
  • Alterner les types d’activités

Face aux troubles de lecture :

  • Privilégier l’oral et éviter les situations de lecture
  • Eviter de se focaliser sur l’orthographe
  • Privilégier l’apprentissage par le savoir-faire.

Face aux troubles du calcul :

  • Afficher les supports (table d’addition, de multiplication, de conversion,…) la où la personne passe le plus de temps.
  • Favoriser l’utilisation de calculatrices et de tout logiciel adapté
  • Demander à la personne d’expliquer ses procédures
  • Schématiser, dessiner les procédures
  • Procéder par étape
  • Revenir sur les notions de base si nécessaire.

Sources :

https://www.cnsa.fr/

https://www.ffdys.com/

https://coridys.fr/

https://coridys.fr/handicap-et-compensation/jeux-serieux-jeux-educatifs/

https://www.hoptoys.fr/