Emmanuelle Mörch, championne paralympique, livre une belle interview pour SASHA

Emmanuelle Morch, joueuse de tennis en fauteuil, Roland Garros

– Bonjour Emmanuelle, et merci de nous accorder cet entretien. Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Emmanuelle Mörch, j’ai 31 ans, je suis une joueuse de tennis en fauteuil. Numéro 1 française, 30ème mondiale, j’ai participé aux Jeux Paralympiques de Rio en 2016, à Roland Garros cette année et je suis sélectionnée pour les Jeux de Tokyo cet été.

– Comment as-tu géré ton handicap et quels ont été les facteurs motivants pour en faire une telle force?

Ça a pris un peu de temps pour me sentir vraiment bien dans ma vie malgré le handicap. Mon entourage m’a beaucoup aidée à voir les choses positivement. Ce qui m’a aidée le plus c’est de me focaliser sur ce que je pouvais encore faire en fauteuil roulant et surtout de m’occuper un maximum pour avancer dans la vie les premiers mois après l’accident.

– Comment t’est venue l’idée de pratiquer le tennis fauteuil et surtout, d’en faire une profession ? Quels ont été aussi les obstacles ?

Je cherchais à pratiquer un sport car c’était une partie importante de ma vie avant l’accident. Le tennis était un moyen de jouer avec ma famille ou des amis qui étaient debout et surtout démarrer un sport que je ne pratiquais pas signifiait pour moi démarrer une nouvelle vie sans comparaison avec ce que je faisais avant. 

Le fait que ça devienne une profession est venu au fur et à mesure, je n’y avais pas pensé au départ. J’avais des objectifs élevés et pour les atteindre j’étais obligée de m’entrainer chaque jour et de devenir professionnelle. Les obstacles ont été multiples : blessures, doutes, manques de résultats à certaines périodes …

– En plus de nombreuses sélections pour des tournois mondiaux, tu as été aux JO du Brésil. Comment se prépare- t-on à un tel événement ?

A l’époque je n’avais pas encore une structure très professionnelle autour de moi, j’étais encore très jeune dans la discipline. Je suis arrivée épuisée aux Jeux, j’en avais beaucoup trop fait pour me qualifier mais j’avais oublié le repos. Le meilleur moyen pour performer, selon moi, sur un évènement de cette envergure est de l’aborder comme un tournoi classique afin de me retirer la pression de l’enjeu mais aussi de programmer les mois précédents la compétition de sorte à arriver avec la meilleure forme possible. 

– Que représentent pour toi les jeux paralympiques ? Quels souvenirs souhaiterais-tu partager avec nous ? (Bons comme mauvais !)

Les Jeux paralympiques représentent pour moi une compétition qui peut faire changer le regard sur le handicap en mettant en avant la performance et le travail réalisé. C’est un rêve qui m’a poussé à démarrer la compétition de haut niveau ainsi qu’un moment de partage incroyable. 

Le meilleur souvenir des Jeux de Rio est la cérémonie d’ouverture des Jeux dans le stade Maracana, c’était impressionnant de défiler devant autant de public et de savoir que certains membres de ma famille étaient dans les gradins et d’autres me regardaient à la télévision depuis la France. A chaque fois que j’évoque ce moment, j’en ai des frissons !

Le pire moment a été la défaite en double après plus de trois heures de jeu. J’avais très mal à la main à la fin du match, je n’étais pas sûre de pouvoir jouer en simple le lendemain et je savais que la compétition était déjà presque terminée pour moi à ce moment-là. C’était la pression de tant d’efforts qui retombait.

– Quels professionnels de santé t’entourent et quelles seraient tes recommandations pour les personnes handicapées qui souhaitent se mettre au sport mais qui ne sautent pas le pas ?

Je suis suivie régulièrement par des kinésithérapeutes, des ostéopathes et une magnétiseuse. Le sport de hauts niveau est très contraignant pour le corps et la récupération fait vraiment partie de mon travail. 

Je pense que le sport est un formidable moyen d’intégration et de reconstruction. J’ai le sentiment d’avoir énormément appris en tant que personne depuis que je pratique ce sport. Je pense aussi qu’ils n’ont rien à craindre à essayer mais que c’est dommage de passer à côté d’une belle aventure sans avoir tenté.

– Quels sont tes projets pour les années à venir ?

Je vais continuer le tennis à plein temps jusqu’à Paris 2024 et je verrai plus tard pour la suite, chaque chose en son temps !

Crédit photo : Yonathan Kellerman

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